Smoothie énergisant à saveur de menstrues!

The Red Pen Collective | La Plume Rouge
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September 21, 2026
Smoothie énergisant à saveur de menstrues!

Pourquoi se remuer le popotin et faire battre notre patate à tout rompre?
Selon une étude datant de 2021, citée dans Le Journal de Montréal le 30 juin dernier, pratiquer une activité physique, surtout dans la nature, « favoriserait une meilleure santé cardiovasculaire, régulariserait la tension artérielle, en plus de réduire les risques de maladies chroniques, comme le diabète de type 2 ». Sans compter que s’entraîner aurait une certaine incidence sur notre humeur. Endorphine, dopamine et adrénaline constitueraient le triathlon du bonheur. Youpi!

Euh, n’y a-t-il point un éléphant dans la pièce? Notre silhouette! Oui à la diversité corporelle. Oui au fait de jeter aux ordures ce fichu indice de masse corporelle (IMC), lequel est heureusement de plus en plus contesté. N’empêche que lorsqu’on se retrouve à poil en tête-à-tête avec notre miroir, il arrive que l’on songe qu’assumer son corps, c’est vachement plus facile à dire qu’à faire! Des redressements assis, ça va-t-y faire fondre ma p’tite bedaine? Des exercices pour me débarrasser de ma cellulite, mythe ou réalité? Peu importe nos motifs pour bouger, comment réagir lorsque se pointent nos menstruations?

Menstruations ne riment pas nécessairement avec inaction :

Les flouc-flouc d’un ventre gonflé par la rétention d’eau, la caboche sur le point d’éclater comme une pinata martyrisée par une bande de frimousses en liesse, des papattes molles comme de la barbe-à-papa et des douleurs qui s’infiltrent dans tous les recoins de notre carcasse, voilà un cocktail qui nous donne envie de trépasser plutôt que de se surpasser. Pourtant, quelques coups de rame sur le Web suffisent afin de constater que, pour la plupart des personnes menstruées, poursuivre notre entraînement est souhaitable. Si l’on se fie au site de la chaîne pharmaceutique Uniprix, on apprend que « la stimulation de la circulation sanguine et la production d’endorphines qui découlent de l’activité physique permettent d’atténuer les crampes menstruelles. » Et le syndrome prémenstruel là-dedans? « Des exercices aérobiques durant au moins 30 minutes un minimum de trois fois par semaine » contribueraient à réduire les malaises liés au SPM.

En cas de souffrances menstruelles insoutenables, comment réagir? On ne devrait éprouver aucune culpabilité à tout simplement écouter notre corps. « Sois ta propre experte », tel est le conseil de la communauté Femmes dans le Sport qui a réussi un tour du chapeau, au printemps dernier, avec sa campagne de sensibilisation Parlons-Sang. Comment ne pas être d’accord avec leur affirmation « qu’une meilleure connaissance de soi » est nécessaire « dans un contexte ou plusieurs femmes ont longtemps appris à ignorer leurs symptômes plutôt qu’à les comprendre. »

 

Quant à l’aménorrhée, absence des règles ou leur arrêt anormal, « seuls les entraînements à haute intensité combinés à un déficit énergétique important peuvent provoquer des irrégularités menstruelles », dixit le site ERGYSPORT spécialisé en nutrition sportive.

Les règles, pas toujours jojo pour les pros :

Si la moyenne des ourses jouissent du pouvoir de ralentir la cadence durant leurs menstruations, il en va autrement pour les pros du sport. Si tu rêves d’avoir une médaille olympique pendue autour du cou depuis ton apparition dans l’utérus de ta génitrice, la situation s’annonce plutôt complexe. Peut-on demander au Comité International Olympique de repousser les JO parce que l’événement ne cadre pas avec notre cycle menstruel? Si cela avait été possible, nul doute qu’Amber Glenn aurait coché l’option. Amber qui? La patineuse artistique mérite pourtant l’étoile du match pour au moins deux raisons. D’une part, alors que le vocable «  LGBTQ+ » se trouve généralement exclu des vestiaires sportifs, l’athlète états-unienne a eu le courage de déclarer publiquement être bisexuelle et pansexuelle. Deuxio, suite à une contre- performance lors du programme court aux JO de Milano Cortina, Amber a osé aborder la question des menstrues devant la junte médiatique. Laissons-lui la parole : « J’ai mes règles en ce moment. C’est vraiment très difficile, surtout quand on porte ce genre de vêtements et qu’on doit être performante devant le monde entier. » Controverse il y a eu! Comme le rapportait La Presse en février 2026, quelques points d’interrogation ont surgi dont celui-ci : « S’agissait-il d’une bête excuse ou d’une possibilité réelle »? D’après un autre article, celui-là publié dans Le Journal de Montréal le 13 avril 2026, « un nombre croissant de sportives n’hésite plus à évoquer la question du cycle menstruel. » Parmi elles, on retrouve la biathlète française Julia Simon, triple championne olympique. Parler de ses « jambes qui tremblent (…) ce n’est pas se plaindre, c’est juste la réalité des choses. » 

S’il arrive que les sciences du sport éclairent gymnases, arénas, stades, rings, tatamis et tutti quanti avec leur érudition, il semble que leur faisceau mérite le qualificatif de, hum, sexiste. Selon un reportage de la Société Radio-Canada datant du 15 mai 2025, les facultés académiques dédiées à la pratique sportive « ne consacrent qu’environ 6% de leurs recherches aux athlètes féminines. » Allons-y donc pour un Olé! Olé! Olé! en l’honneur de l’une des rares institutions d’enseignement supérieur à s’être penchée sur le duo sport-menstrues. Selon une recherche scientifique de l’Université de Vigo en Espagne, « lorsque les hormones comme l’œstrogène et la progestérone augmentent dans l’organisme, les athlètes féminines ont plus de mal à garder leur équilibre ainsi qu’à développer et à reconstruire leurs tissus musculaires. » En prime, le fait d’être plus distraite avant nos règles accentuerait le risque de blessure. Profitons-en également pour souligner le magnifique but compté par la Fédération Internationale de Football Association. Toujours selon la SRC, la FIFA aurait accordé du financement à l’Université de Kingston, en Angleterre, afin d’étudier le « lien entre le cycle menstruel et le taux élevé de lésions du ligament croisé antérieur dans le soccer féminin. »

Lorsqu’on cause sang menstruel, un obstacle survient immanquablement sur notre route …  les tabous! Comment améliorer la qualité de vie des personnes menstruées alors que le terme « menstruations » fait encore rougir jusqu’aux oreilles? 

Cet article a été écrit par Martine Lacroix, dans le cadre du groupe d’écriture La Plume Rouge créé par Dignité Mensuelle.