Suivi du cycle menstruel, bien-être et histoires du self-help féminisme

The Red Pen Collective | La Plume Rouge
·
mars 24, 2026

Par Clare Walker

... Mais je n'aimais pas, et n'aime toujours pas, faire un culte du "savoir des femmes", nous féliciter de savoir des choses que les hommes ne savent pas — la sagesse profonde et irrationnelle des femmes, la connaissance instinctive des femmes de la nature, et ainsi de suite.

« Tout cela ne fait que trop souvent renforcer l'idée masculiniste de la femme comme être primitif, inférieur ; le savoir des femmes comme élémentaire, primitif, toujours en bas dans les racines sombres, tandis que les hommes cultivent et possèdent les fleurs et les récoltes qui s'élèvent vers la lumière... Pourquoi les femmes devraient-elles ressentir aveuglément pendant que les hommes ont le droit de penser ? »

Dans la citation ci-dessus, l'autrice de fiction spéculative et critique littéraire Ursula K. Le Guin réfléchit aux échos de l'essentialisme de genre et à sa généalogie au sein du mouvement féministe. Certains courants de la deuxième vague du féminisme l'ensemble dominant des idées féministes à partir des années 1960) ont privilégié ce ressenti, cette intuition féminine, dans un contexte de capitalisme patriarcal et suprémaciste blanc dépourvu d'empathie. Cette « sagesse instinctive » canalisée par le féminin divin connaît un regain d'intérêt dans le mouvement contemporain du bien-être et du self-care, largement porté par et destiné aux femmes.

Au sein de plusieurs sous-groupes de la deuxième vague du féminisme (comme l'écoféminisme et le féminisme de la Déesse), le corps individuel et la biologie féminine étaient à la fois le site d'oppression du patriarcat et la source de pouvoir pour la libération féministe. Cette attribution de pouvoir et d'agentivité au corps féminin individuel n'est pas surprenante dans les années 1970, alors que les droits reproductifs et la libération sexuelle devenaient des enjeux centraux de l'organisation féministe. 

 

Dans ce texte, je souhaite attirer l'attention sur la façon dont les histoires féministes du corps, la culture contemporaine du bien-être et les technologies reproductives entrent en collision. Le suivi menstruel— qui s'inscrit dans une constellation plus large de santé hormonale et de bien-être, axée sur l'observation des schémas du cycle menstruel — est un lieu central de cette collision. La santé menstruelle — ce qui est attrait à la « normalité » de nos cycles et de leurs phases, la contraception hormonale, et les mesures à prendre — est entrée dans la conscience quotidienne par le biais des algorithmes des réseaux sociaux et des technologies de bien-être. Il devient ainsi difficile de distinguer les informations politiquement conservatrices, anti-intellectuelles et pseudoscientifiques des critiques légitimes portant sur la recherche et les technologies liées à la santé menstruelle.

En retraçant l'histoire du self-help féminisme, j'entends montrer comment les discussions contemporaines sur la santé menstruelle sont informées par des priorités (et des problèmes) similaires à ceux du mouvement féministe de la deuxième vague. L'objectif est que déconstruire cette histoire et ses résonances dans le mouvement contemporain du bien-être nous aide à questionner comment le suivi menstruel est à la fois a) fondé sur des préoccupations féministes légitimes et b) récupéré par des forces problématiques.

Une brève histoire du self-help féminisme

Abortion Caravan (1970) – Leading the Ottawa March | Rise Up feminist archive

Pour situer les sous-entendus féministes de la culture du bien-être, nous pouvons nous tourner vers une histoire féconde du self-help féminisme. Né avec le mouvement pour les droits reproductifs des années 1970, ce mouvement s'est concentré sur la fourniture de traitements gynécologiques et contraceptifs accessibles (et potentiellement criminalisés) dans des environnements non hiérarchiques. Le mouvement encourageait les femmes à reprendre le contrôle de leur santé reproductive individuelle à travers des ateliers pédagogiques, des cliniques mobiles et des brochures diffusées massivement, dont la plus célèbre est Our Bodies Ourselves. Le self-help féminisme s'est également opposé à la violence hiérarchique des cliniques médicales, qui n'étaient pas des environnements bienveillants, sûrs ou dignes de confiance pour les femmes (et particulièrement pour les femmes racialisées et de la classe ouvrière)

Dans Seizing the Means of Reproduction, l'historienne féministe Michelle Murphy désigne ce mouvement comme une forme de « féminisme de protocole », où l'activisme féministe s'organisait autour de l'enseignement aux autres de la prise en charge de leur propre santé, souvent par le biais de brochures ou de démonstrations en direct. Ces démonstrations comprenaient des mises en scène d'auto-examens vaginaux et cervicaux, ainsi que des démonstrations approfondies de technologies d'avortement à domicile. Comme l'écrit Sadie Borgard à propos du mouvement, «examiner leur corps représentait une forme radicale d'émancipation».

Murphy soutient que ce mouvement féministe a privilégié le rôle autonome du « sujet-scientifique », profondément responsable de son propre corps. Ce rôle ne naît pas dans le vide ; il est une réponse aux conditions d'accès précaire à des ressources de santé reproductive encore patriarcales. 

Cependant, comme une grande partie du féminisme de la deuxième vague, le mouvement self-help féministe a souvent échoué à combler les lacunes intersectionnelles dans sa portée et ses priorités. Dans le prolongement de son lien avec le féminisme de la Déesse de la deuxième vague, le self-help féminisme était généralement fondé sur la centralité du corps féminin cisgenré, individuel et explicite. Comme le souligne l'historienne de la santé reproductive Hannah Dudley-Shotwell, l'organisation self-help féministe dominante centrait implicitement le corps blanc, de classe moyenne et valide. 

Tandis que des groupes d'entraide militante comme le National Black Women’s Health Project et le Native American Women’s Health Education Resource Center reliaient le self-care et la santé reproductive aux réalités intersectionnelles de la race et de la classe, les groupes self-help féministes dominants, comme le Feminist Women’s Health Centre, se souciaient moins (et étaient parfois même exclusifs) des approches holistiques et intersectionnelles de la santé. Rejoignant Borgard, , de nombreuses militantes du self-help féministe dominantes adoptaient des approches fondamentalement excluantes sur les plans de la classe, de la race et de la transidentité. En reconnaissant l'histoire nuancée de ce courant militant, nous pouvons explorer les résonances — positives et négatives — du mouvement féministe d'entraide dans la pratique contemporaine du suivi menstruel.

Suivi du cycle menstruel et bien-être hormonal

Le suivi menstruel, dans son essence, est la pratique de documenter les cycles menstruels et hormonaux. Cela peut renvoyer à une attention aussi passive que le suivi général de la durée de ses règles, ou à des relevés élaborés des phases hormonales, des changements physiques et émotionnels, et de la température corporelle. Souvent, le suivi menstruel implique des technologies ou des systèmes visant à surveiller, prédire ou réguler ses cycles menstruels. Ces technologies comprennent de simples calendriers, des tableaux de suivi de la température basale et, plus récemment, des applications mobiles.

 

Si les systèmes de suivi plus simples sont souvent maintenus par commodité (noter les jours dans son agenda, par exemple), les pratiques émergentes de bien-être liées au suivi menstruel (et à la santé hormonale, plus largement) vont plus loin. Dans de nombreux régimes de bien-être, le suivi menstruel s'accompagne de changements de mode de vie (en matière d'alimentation, d'exercice, de rythmes sexuels et professionnels), comme le seed cycling, les exercices de faible intensité « réducteurs de cortisol », les régimes riches en protéines et en fer, et, de façon plus controversée, le sevrage de la contraception hormonale. Dans tous ces exemples, l'impératif de la santé hormonale et du suivi menstruel est un « retour à la nature » ; convoquant des approches « non toxiques » et « ancestrales » pour gérer et s'harmoniser avec son cycle menstruel et une santé hormonale plus « naturelle » en général. 

 

Freya Bennet écrit dans une chronique d'opinion de 2025 sur l'enthousiasme qu'elle ressent à suivre son cycle manuellement, en prenant sa température basale, en observant sa glaire cervicale et en notant d'autres changements dans son énergie et son humeur. Elle souligne, fait important, que cette méthode n'est pas une forme de contraception, mais plutôt un moyen de s'émanciper grâce à la Méthode de Conscience de la Fertilité. Cet accent mis sur la connaissance de soi corporelle comme forme d'émancipation présente des résonances claires avec les principes susmentionnés du self-help féminisme. 

 

L'intérêt pour le suivi menstruel émerge également d'une contestation du statu quo de la recherche sur la santé hormonale. Comme l'explique la journaliste spécialisée en santé reproductive Kate Muir, la dissidence envers la contraception hormonale (en particulier la pilule contraceptive) est croissante, alors que des personnes menstruées de tout âge se sentent trahies et sous-informées quant à ses divers effets secondaires négatifs. Elle écrit: «J'ai envie de pleurer quand des femmes me racontent leurs histoires d'avoir été "mises sous pilule" pour de l'acné à l'adolescence, et — comme une grenouille que l'on fait bouillir à feu doux — de ne réaliser que des années plus tard qu'une pilule particulière les a transformées en quelqu'un d'autre : fatiguées, déprimées et stressées. ». En ce sens, le problème ne réside pas dans les pilules contraceptives ou les contraceptifs hormonaux en général, mais dans la prescription continue de variétés de pilules dépassées et dans l'absence de choix continu et éclairé pour les corps menstrués, adultes comme mineurs. 

 

Ces préoccupations, amplifiées par des centaines de milliers de témoignages sur les effets secondaires négatifs de la contraception hormonale qui résonnent sur les réseaux sociaux, constituent une critique profondément nécessaire (bien que non entièrement innocente, comme l'écrit Emma Goldberg pour le New York Times) à l'encontre de la recherche hormonale, reproductive et gynécologique, fondée en son cœur sur la sujétion des corps féminins noirs, des essais scientifiques mal conduits, et des violations continues de la dignité du corps féminin médicalisé et du système reproductif.

Il convient toutefois de se demander ce que ces rejets de la régulation hormonale, jugée synthétique et « non naturelle », occultent, et surtout, quelles femmes ils excluent.

Quelques critiques essentielles

Si le mouvement féministe d'entraide a effectivement été essentiel à la démocratisation et à la normalisation de l'autonomie reproductive, les mêmes critiques adressées à sa matrice, le féminisme de la deuxième vague, se sont perpétuées dans les cultures contemporaines du bien-être et du soin de soi. Je souhaite ici mettre en lumière deux préoccupations majeures qui se manifestent dans les discussions sur le suivi menstruel : la centralité de l'essentialisme de genre dans la régulation « naturelle » de la santé hormonale et menstruelle, et la surveillance omniprésente qui s'exerce à la fois sur soi et à travers les applications de suivi menstruel.

i. L'essentialisme de genre

L'une des critiques centrales du féminisme d'entraide (et du mouvement féministe de la deuxième vague en général) est le recours à un corps défini de manière étroite. Au sein de cette définition étroite se trouvent des sous-courants d'essentialisme de genre : la croyance selon laquelle le genre prédit certaines caractéristiques, comportements et vérités. L'essentialisme de genre s'appuie souvent sur les notions de « nature » et de « féminin divin », invoquant fréquemment des sagesses anciennes pour se parer d'une légitimité historique.Rappelant la citation d'Ursula K. Le Guin ci-dessus, la catégorie du « savoir des femmes » comme primitif et inné emprunte à la logique de l'essentialisme de genre, car elle distingue des façons de penser et des instincts qui viendraient « naturellement » aux hommes et aux femmes individuellement. 

 

Il est important de noter que l'essentialisme de genre se définit contre l'idée que le genre peut être pratiqué ou incarné de manières diverses et évolutives, codant ces différences comme « non naturelles » et, comme l'écrit l'historienne Kathleen Belew, « impures ». Ce langage binaire du naturel/non naturel, du pur/impur, du propre/toxique, et en définitive, du féminin/masculin, est important pour comprendre le mouvement contemporain du bien-être. . Belew, qui étudie les traces de l'histoire dans les mouvements suprémacistes blancs contemporains, écrit à propos de ce binaire pur/impur dans les modes de vie alternatifs (y compris le bien-être), qui code certains aliments, produits et façons de vivre comme résolument « propres » ou « toxiques ». En suivant cette logique jusqu'au bout du terrier, Belew écrit qu'elle commence à coder certains corps comme intrinsèquement « purs » et « propres » ou « impurs » et « toxiques ». 

 

En suivant cette logique jusqu'au bout du terrier, Belew écrit qu'elle commence à coder certains corps comme intrinsèquement « purs » et « propres » ou « impurs » et « toxiques ». Notamment, la contraception hormonale ou « synthétique » a reçu ce traitement critique de la culture du bien-être, en particulier sur les réseaux sociaux, tandis que le suivi menstruel est présenté comme l'alternative naturelle, fondée sur la légitimité d'une connaissance intuitive et primale émergeant de l'état « naturel » du corps.


Si la critique de la contraception hormonale est effectivement fondée sur un certain nombre d'études crédibles et sur un déferlement de témoignages, l'incitation à abandonner entièrement la contraception hormonale exige davantage de réflexion et de recherches scientifiques sérieuses et reproductibles, plutôt que des gesticulations vers le fragile « féminin divin ».

Dans un ordre d'idées similaire, la culture du bien-être et du self-care encourage, au minimum, une supervision consciente de son corps, de son apparence et de ses comportements. Si le self-care (et le bien-être plus généralement) peut être mis au service de la libération collective et de l'action politique, il a été capturé par les intérêts capitalistes plus larges de la marchandisation et de l'exclusivité manufacturée, comme l'écrit Azeezat Adekanye pour The Republic.

 

Même parmi ceux et celles qui ont accès au bien-être et au self-care, des philosophes, journalistes et scientifiques sociaux ont remarqué depuis des décennies (ou des siècles, si l'on se tourne vers certaines interprétations de la philosophie grecque antique) la confusion entre cultiver un corps sain et cultiver un caractère moral irréprochable. En d'autres termes, le bien-être, le self-care et le mode de vie soucieux de la santé sont pris dans une association envahissante avec la « bonté », la moralité, et, pour faire écho aux paragraphes précédents, la propreté et la pureté. 

 

Cette association, comme le propose le philosophe bien connu français Michel Foucault, encourage une surveillance et une discipline de soi, due à l'intériorisation des normes et attentes sociales concernant le corps. De nombreuses pratiques de bien-être et de self-care, comme le suivi du cycle menstruel, offrent un nouveau domaine où cette auto-surveillance peut s'exercer. Dans une étude qualitative menée auprès de femmes américaines utilisant des applications mobiles de suivi des règles, les chercheurs ont mis en évidence les liens entre la « connaissance » et le « contrôle » de son corps, médiatisés par les applications de suivi menstruel, qui encouragent les utilisatrices à surveiller et saisir en permanence une pléthore d'états physiques et émotionnels. Si le « féminisme de protocole » au sein du mouvement féministe d'entraide évoque l'auto-examen systématisé et privilégie la connaissance de soi comme forme d'activisme féministe, la surveillance rigoureuse — parfois obsessionnelle — propre au bien-être peut s'avérer bien plus néfaste, comme cette étude le laisse entendre.

 

En matière de suivi menstruel, l'auto-surveillance n'est pas la seule forme de surveillance préoccupante.Les applications mobiles de santé hormonale et de suivi menstruel, comme Flo, ont été critiquées et poursuivies en justice pour avoir collecté et partagé les données de santé de leurs utilisateur-ices avec des entreprises comme Google et Meta à des fins publicitaires. Plus pressant encore, des experts en droit de la vie privée appellent les personnes menstruées dans les pays qui restreignent les droits reproductifs (comme les États-Unis) à supprimer leurs applications de suivi menstruel, leurs données de santé pouvant être utilisées pour les poursuivre pour des avortements illégaux

 

En définitive, ces deux critiques présupposent (et aspirent à) un cycle « normal » ou même « parfait » dans un corps menstrué « normal » et « parfait ». Si les sous-courants d'essentialisme de genre et de surveillance ne constituent pas une raison suffisante pour « abandonner » la pratique du suivi menstruel ou du self-care en général, comprendre ces critiques peut nous aider à naviguer dans l'univers saturé du bien-être et de la santé reproductive, en particulier en ligne.

Une réconciliation possible

« Prendre soin de moi-même n'est pas de l'indulgence envers moi-même, c'est de l'autoconservation, et c'est un acte de guerre politique. »

The Banner Project (1990): Vancouver Women’s Health Collective | Photographer: Amy Gottlieb | Rise Up feminist archive

Tant qu'il y aura un discours sur le bien-être, il y aura une critique de même ampleur. Si cette critique du bien-être est essentielle, il est tout aussi nécessaire de distinguer l'impulsion correctrice excessive de critiquer la culture du bien-être de la nécessité légitime d'un accès à des soins reproductifs accessibles, autonomes et dignes. En référence à la culture du bien-être et à son vaste attrait auprès des femmes, on entend des échos familiers de contrôle, d'agentivité niée et de modèles patriarcaux du savoir scientifique. En référence au suivi menstruel, ces échos nous appellent à abandonner la contraception hormonale et à nous émanciper grâce à une connaissance verticale, divine et primale de nos corps, de nous-mêmes. 

 

La pensée féministe noire, incluant (sans s'y limiter) la citation pérenne d'Audre Lorde sur l'acte politique du self-care offre un contrepoint générateur à la culture du bien-être ou du self-care comme culture de consommation, idéal esthétique ou instrument disciplinaire. Des penseuses comme Lorde, ainsi que Tricia Hearsey et Fariha Roisin, proposent une compréhension du bien-être et du self-care qui a) reflète une critique des courants misogynes dans la recherche sur la santé reproductive, b) valorise l'expérience vécue comme savoir de santé légitime, et c) conçoit la diversité des contraceptifs et des dispositifs de santé menstruelle comme une source d'émancipation, plutôt que comme une source de toxicité. 


Se tourner vers l'histoire du self-help féminisme, dans sa totalité révolutionnaire et problématique, offre un prisme utile pour démêler ces vérités simultanées et enchevêtrées. En tenant ces deux réalités ensemble, comment avancer ?

Se tourner vers le travail des organisations self-help féministes, historiques et contemporaines

L'histoire du self-help féminisme constitue un excellent point de départ pour comprendre comment le corps, le choix et la santé sont devenus une intersection sensible dans le féminisme contemporain. Les historiennes citées dans cet article — Michelle Murphy et Hannah Dudley-Shotwell— offrent des comptes rendus utiles et nuancés du self-help féminisme.

 

Se tourner vers des organisations self-help féministes comme le National Black Women’s Health Project, ce Native American Women’s Health Education Resource Center, et the Feminist Centre for Reproductive Liberation éclaire les possibilités d'un self-help féminisme pratique. 

Si les réseaux sociaux sont devenus un lieu important de partage et d'engagement en matière de santé menstruelle et de justice reproductive, ils constituent également un site de désinformation massive et d'ambiguïté politique. Emily Pfender et M. Marie Devlin (chercheuses en communication spécialisées dans les réseaux sociaux et la santé des femmes) soutiennent que la popularité et le pouvoir de persuasion des influenceurs sur les réseaux sociaux sont souvent confondus avec leur crédibilité par les spectateurs

 

En d'autres termes, si des influenceurs vantent les améliorations de leur peau, de leur énergie et de leur poids après avoir cessé la contraception hormonale au profit du suivi menstruel, il n'est généralement pas évident de savoir s'ils partagent des informations exactes, ni s'ils ont un intérêt financier à vous orienter vers des options « non synthétiques ». Restez vigilant·e face à la profondeur et à l'exactitude des contenus courts, en particulier si vous n'êtes pas certain·e des qualifications ou des affiliations du créateur !

Enfin, le suivi menstruel est effectivement un moyen utile de comprendre son cycle menstruel et de noter tout symptôme récurrent ou nouveau. Ces relevés peuvent également être de précieux documents à partager avec votre professionnel·le de santé ! En gardant à l'esprit les problèmes liés aux applications mobiles de suivi, voici une liste d'applications chiffrées de bout en bout ou qui stockent les données localement (c'est-à-dire sur votre appareil, et non sur un serveur centralisé)

Cet article a été écrit par Clare Walker, dans le cadre du groupe d'écriture La Plume Rouge créé par Dignité Mensuelle.